Du livre au film : La Route, une histoire post-apocalyptique poignante

Du livre au film : La Route - Affiche & Couverture du livre

L’apocalypse a eu lieu. Le monde est dévasté, couvert de cendres et de cadavres. Parmi les survivants, un père et son fils errent sur une route, poussant un Caddie rempli d’objets hétéroclites. Dans la pluie, la neige et le froid, ils avancent vers les côtes du Sud, la peur au ventre: des hordes de sauvages cannibales terrorisent ce qui reste de l’humanité. Survivront-ils à leur voyage ?


Mon avis

Je suis tombée sur ce livre complètement par hasard et j’ai enchaîné le film peu de temps après. Pour tout vous avouer, je n’en avais même jamais entendu parler. Et l’on peut dire que les deux m’ont marqué et même bouleversé bien que les deux œuvres soient très singulières voire glauques à certains moments.

Mais avant toute chose, je voudrais juste signaler que cette histoire n’est pas pour tout le monde, les deux œuvres comportent des scènes assez violentes et perturbantes, donc âmes sensibles, vous voilà prévenus 😉

Dès le début, nous entrons tout de suite dans le vif du sujet : l’apocalypse a eu lieu et le monde tel que nous le connaissons n’existe plus. Les villes et les campagnes ont été ravagées par de gigantesques incendies et des cendres recouvrent à présent le paysage. Un hiver nucléaire recouvre en permanence le soleil, faisant ainsi disparaître la flore. Les animaux ont tous disparus, quant à l’humanité, elle est en voie d’extinction. Nous ignorons tout de ce qui est arrivé à la Terre et à aucun moment de l’histoire, nous ne le saurons. C’est malheureusement l’un des défauts que l’on retrouve souvent dans les œuvres du même genre, les auteurs se concentrant toujours sur l’après, jamais sur l’avant.

Dans ce décor post-apocalyptique, nous suivons un père et son fils, qui se dirigent vers le Sud avec leur caddie et qui essaient tant bien que mal de survivre. Des groupes de cannibales terrifient les derniers survivants. Très vite, on se retrouve dans un huit clos, presque étouffant, où les interactions humaines sont devenues quasiment inexistantes, on ne sait plus à qui se fier ! Qui sont les gentils ? Qui sont les méchants ? L’instinct de survie prend le pas sur tout le reste et la barbarie s’installe dans ce monde en ruines. Au fur et à mesure de l’histoire, nous sommes de plus en plus loin dans la cruauté dont l’homme est capable d’accomplir pour survivre.

Nous n’avons que très peu d’information sur les personnages (seulement quelques flashbacks qui font leur apparition de manière succincte), ce sont des personnages lambdas, pouvant représenter n’importe quel père –voire mère– et enfant. Ils sont tout le monde et personne à la fois. L’auteur ne les nommera d’ailleurs jamais autrement que « l’homme » et « le petit », ce qui peut être déstabilisant au premier abord mais qui est au final très logique et cohérent avec le contexte. Malgré tout, on s’attache très vite à eux, on admire leur courage, on avance dans l’histoire la peur au ventre, on s’émeut, on frissonne avec eux. En effet, on ne peut que s’attendrir devant cette relation père-fils, un peu maladroite où pourtant amour et complicité transparaissent. Cette relation permet ainsi de représenter l’importance de la subjectivité et de la transmission des valeurs humaines et je pense notamment à leur conversation sur le feu qui n’est pas sans rappeler Prométhée dans la mythologie grecque

Il faut que tu portes le feu.

Je ne sais pas comment faire.

Si, tu sais.

Il existe pour de vrai ? Le feu ?

Oui, pour de vrai.

Où est-il ? Je ne sais pas où il est est.

Si, tu le sais. Il est au fond de toi. Il y a toujours été. Je le vois.

La route - Photos du Film avec Viggo Mortensen & Kodi Smit-McPhee
Source Images : Allociné

Le livre en lui-même est décontenançant dans sa structure, sa construction. Par exemple, il n’y a aucun signe de ponctuation dans les dialogues de telle sorte que parfois on ne sait même plus quel personnage est en train de parler. Ces dialogues sont d’ailleurs complètement intégrés aux descriptions.  Le livre est ainsi complètement décousu voire déconstruit. Et même si cela peut être très perturbant pour le lecteur –je pense clairement que cela ne plaira à tout le monde, c’est vraiment particulier–, j’ai trouvé que c’était parfaitement logique dans le sens où cela représente totalement ce décor post-apocalyptique où il n’y a quasiment plus d’échanges humains et où la survie prend le pas sur l’homme et ses valeurs.  Avec ce style atypique, l’auteur nous contraint à être les témoins de la noirceur et la barbarie des hommes, on finit par sa questionner sur notre propre humanité. Que ferions-nous à la place de ces personnages ? Et surtout jusqu’où irions-nous ?  

Autrefois il y avait des truites de torrent dans les montagnes. On pouvait les voir immobiles dressées dans le courant couleur d’ambre où les bordures blanches de leurs nageoires ondulaient doucement au fil de l’eau. Elles avaient un parfum de mousse quand on les prenait dans la main. Lisses et musclées et élastiques. Sur leur dos il y avait des dessins en pointillé qui étaient des cartes du monde en son devenir. Des cartes et des labyrinthes. D’une chose qu’on ne pourrait pas refaire. Ni réparer. Dans les vals profonds qu’elles habitaient toutes les choses étaient plus anciennes que l’homme et leur murmure était de mystère.

Le film quant à lui, respecte entièrement le livre, il va même au-delà : il le complète tout simplement.  Je ne m’y connais pas vraiment en réalisation, donc vous ne serez peut-être pas d’accord avec moi mais j’ai trouvé qu’il y avait un véritable choix de réalisation. Le film développe davantage certains aspects du livre (comme par exemple : où est la mère ?), on retrouve de plus davantage de détails visuels qui aident à la compréhension de l’univers et le réalisateur a même profiter de ces détails visuels afin d’apporter un peu plus d’actions à l’histoire qui est au final très calme (peu d’actions mais beaucoup de réflexions), ce qui change des autres œuvres post-apocalyptiques.  L’ensemble est bien conçu et découpé et les choix visuels et musicaux apportent un véritable plus au film.


Conclusion

En bref, une même histoire, deux œuvres qui fascinent autant qu’elles terrifient, je n’en suis pas ressortie indemne.  Et vous ?

Avez-vous lu et/ou La Route ? Qu’en avez-vous pensé ?

À très vite pour une nouvelle pincée de culture !

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